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L'enjeu de l'emploi durable dans les associations
Elles salarient en France 5 % de la population active. En grande partie dans les secteurs de l’action sociale, de la santé et de l’insertion. Soumises aux mêmes exigences de performance que les entreprises, elles embauchent de plus en plus pour se professionnaliser. Mais peinent parfois à assurer la pérennité des postes créés faute de financement.
Pour Jean-Yves Raynery, directeur de l’Union locale pour l’animation en milieu rural à Châteauneuf-du-Faou, travailler dans le milieu associatif n’est pas le fruit du hasard, mais un choix tout à fait revendiqué, animé par « des convictions personnelles ». Et, comme lui, ils sont plus de la moitié des salariés à travailler dans une association par motivation sociale ou personnelle. « Faire carrière dans l’emploi associatif, c’est possible, mais il faut être patient et humble », conseille simplement Jean-Yves Raynery.
En chiffres
- 1,5 million de personnes sont employées par une association en France. Selon une enquête de l’Association pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés,
- 55 % des personnes travaillant dans une association le ferait par motivation sociale ou personnelle.
- 2 400, c’est le nombre d’associations employeurs en Finistère. Cela représente 28 000 salariés (dont une grande partie à temps partiel) sur l’ensemble du département.
- 60 % des associations finistériennes ayant au moins un salarié se trouve dans le Nord du département.
- 330 millions d’euros, c’est la masse salariale que représente l’emploi associatif en Finistère.
En France, sur le million d’associations déclarées auprès des préfectures, seules 15,6 % ont recours à des salariés, ce qui représente tout de même 1,5 million de personnes employées par une association alors soumise au même code du travail que n’importe quel employeur privé. Un chiffre qui a explosé en 1998 avec l’apparition des emplois jeunes, notamment dans le secteur sanitaire et social. « À ce moment-là, nous avons vu le salariat se développer largement dans le champ associatif, confirme Albert Billon, de la Direction départementale du travail. Cet essor s’est maintenu jusqu’en 2005. »
Si les emplois jeunes ont été pérennisés à 70 %, la consolidation des postes demeure une préoccupation constante des associations aujourd’hui.
« Elles doivent se professionnaliser parce que les bénévoles sont parfois dépassés par l’enjeu du projet associatif et les usagers sont extrêmement regardants, sur l’aspect sécuritaire notamment. L’association devient une machine lourde, difficile à gérer et les bénévoles n’ont pas le droit à l’erreur », souligne Albert Billon.
Beaucoup de temps partiel
Aussi, pour accompagner et sécuriser les associations qui le souhaitent, la Direction du travail a pensé un dispositif local d’accompagnement (DLA) visant à pérenniser l’emploi associatif. Un secteur qui représente 28 000 salariés en Finistère, principalement répartis dans les domaines de la santé / famille et de l’animation socioculturelle.
« À l’exception d’une dizaine de grosses structures qui comptent plus de 100 personnes, comme les Genêts d’Or par exemple, les associations emploient généralement moins de 10 salariés. Ceux-ci sont plutôt des jeunes, polyvalents, en relation avec l’usager. On constate beaucoup de temps partiels, comme dans les Maison pour tous par exemple, où les animateurs cumulent des petits contrats », détaille Albert Billon.
Pour tenter de consolider ce tissu associatif irremplaçable sur un territoire, tout en maintenant un maximum d’emplois viables, un groupement d’employeurs associatifs vient également de se mettre en place sur le Pays de Cornouaille (lire page suivante). « Les salariés trouvent d’autant mieux leur place au sein de l’association que le projet de celle-ci est bien définie, explique Amandine Guyomar qui s’occupe du développement et de la coordination de ce groupement. L’association doit intégrer la pérennisation du poste dès le départ et non plus attendre simplement des aides. » « Mais si la structure va bien, l’emploi sera pérennisé, » assure Albert Billon qui a constaté que l’emploi avait augmenté dans les associations bien accompagnées.
Mieux cibler les subventions
Cette nouvelle approche de fonctionnement, désormais similaire à celui d’une entreprise quant à la gestion des ressources humaines, pose la question des subventions qui financent en partie les associations. « Une association, ce sont des ressources propres, des bénévoles et des subventions, admet Amandine Guyomar. À partir du moment où elle participe à la création d’emplois, il est normal qu’elle soit subventionnée. » Pour autant, la jeune femme comprend très bien la problématique des collectivités qui veulent mettre un frein au « saupoudrage des aides » pour mieux cibler « là où c’est utile ».
Ainsi, la Région est en train de repenser sa politique d’aide à la création de groupement d’employeurs pour éviter des doublons, le Conseil général révise également ses répartitions de subventions en privilégiant des secteurs comme celui des personnes âgées, enfin, certaines communes ont clairement annoncé une coupe claire dans les aides accordées aux associations. Quelle que soit la part de financements publics qu’elles reçoivent, ces dernières doivent désormais appréhender cette nouvelle réalité économique en affichant notamment une gestion transparente. « Cela rassure les financeurs », conclut Fanny Richard, référente du DLA sur le Finistère Nord.
Enquête d'emploi n°24 - Juin 2009
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L'Acdes, groupement d'employeurs associatifs
Lorsque l’Acdes, groupement d’employeurs des comités d’entreprise depuis 1995 sur le Pays de Cornouaille, décide d’étendre son champ d’activité au milieu associatif début 2009, c’est pour répondre à un double besoin : celui des associations, désireuses d’embaucher ou de conserver des temps partiels mais rencontrant bon nombre de difficultés, et celui des salariés, recherchant un emploi sécurisé, en CDI.
Le Dispositif local d'accompagnement, une aide précieuse pour les associations
392 associations employeurs finistériennes ont bénéficié de l’aide apportée par le Dispositif local d’accompagnement depuis 2002. Un outil précieux pour ces structures confrontées à des mutations économiques, sociales et culturelles qu’elles n’anticipent pas toujours.
Le contrat aidé est fortement plébiscité par les associations
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