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L’offre valable d’emploi fait débat

Alors que les partenaires sociaux doivent renégocier la convention Unedic d’ici au 31 décembre, le gouvernement entend changer les règles de l’assurance-chômage, en sanctionnant plus durement les demandeurs d’emploi qui refuseraient deux « offres valables d’emploi »

« On nous ressort le fantasme du chômeur profiteur ! Or on sait très bien qu’il ne s’agit que de cas marginaux », soupire Patrick Jagaille à la CFDT du Finistère. « Se baser sur des critères nationaux est totalement ridicule. L’offre valable devrait être définie en fonction du parcours et du projet de la personne. Sans cela, on va appliquer des idées déconnectées de la réalité qui vont aboutir à des radiations injustifiées ».

À La CGT, Olivier Le Pichon pointe dans le projet gouvernemental « une façon d’exonérer les entreprises de leurs responsabilités. Car ce sont elles qui détiennent la clé de l’emploi ! » Même discours au SNU-ANPE : « Les entreprises se plaignent de ne pas trouver de main-d’œuvre ? Quand on voit la nature des offres, il ne faut pas s’étonner ! Il y a un gros travail à faire pour améliorer les conditions de travail ! ».

Une récente étude publiée par le ministère du Travail*, vient d’ailleurs corroborer les analyses des syndicats… Elle relève, entre autres, que plus des trois quarts des demandeurs d’emploi seraient prêts à accepter un emploi inférieur à leur qualification, et que la moitié d’entre eux seraient prêts à signer un contrat précaire. Par ailleurs, pour ceux qui ont retrouvé un emploi, la question financière reste posée : un an après s’être réinsérées dans l’emploi, quatre personnes sur dix estiment que leur situation financière ne s’est pas améliorée !

Patronat et syndicats se disent pourtant prêts à la discussion… « Mais cela doit se faire dans le cadre de la convention Unedic. En pressant les choses, le gouvernement nous donne l’impression de court-circuiter le dialogue social », regrette Yann du Fretay, au Medef du Finistère, pour une fois largement d’accord avec les syndicats.
Le projet de loi, lui, est toujours censé atterrir avant l’été devant le Parlement, pour une application prévue au 1er janvier 2009.

Enquête d’emploi n°14 – Juin 2008

Note : * www.travail.gouv.fr : rubrique publications Dares

 

Les grandes lignes du projet

  • Trois premiers mois de chômage : le demandeur d’emploi pourrait n’accepter que les offres correspondant à son projet, son salaire antérieur et situées à proximité de son lieu de résidence.
  • Trois mois suivants : il devrait accepter toute offre « compatible » avec ses qualifications, et rémunérée à hauteur de 95 % de son ancien salaire.
  • Au bout de six mois : il devrait accepter toute offre compatible, même rémunérée à 85 % de son ancien salaire et nécessitant jusqu’à 2 h de trajet quotidien.
  • Au bout d’un an : le demandeur ne pourrait plus refuser une offre ramenant son salaire à la rémunération moyenne de l’allocation-chômage, sous peine d’être radié de l’assurance chômage pour deux mois.
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