Lundi 21 Mai 2012 S'identifier

Vous êtes dans : Accueil > Emploi > Actualités > Un 1er mai sur fond de crise > Cummins Filtration : Les salariés bloquent l’usine depuis lundi

Cummins Filtration : Les salariés bloquent l’usine depuis lundi

Le ton est monté. La CGT l’avait annoncé. Lundi, dès 4 h 30 du matin, une poignée de salariés de Cummins Filtration a bloqué partiellement le site.

Le but : empêcher l’accès des camions pour approvisionner l’usine ou venir chercher des marchandises. Depuis le début de la semaine, le personnel non-gréviste a pu se rendre normalement dans l’entreprise.
En menant cette opération, la CGT continue de dénoncer le plan social officialisé le 30 avril lors d’une réunion extraordinaire du comité d’entreprise (CE). Les 85 suppressions de poste, déjà évoquées fin mars, ont été confirmées. Selon les syndicats, 27 reclassements internes seraient envisagés. Ce qui entraînerait au total 58 licenciements. « Insupportable » pour Franck Couton, délégué du personnel CGT et secrétaire du CE. Il ne cesse de le rappeler : aucun motif économique ne justifie ce plan social.
D’où la détermination de son syndicat et de ses représentants pour faire plier la direction lors des dernières négociations sur le contenu du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Lundi, celles-ci ont achoppé sur le versement d’une « prime de flexibilité et de polyvalence pour tous les salariés ». Son montant : 2 000 euros. Cette prime figure en préambule du PSE qui, souligne Franck Couton, « a débuté depuis six mois avec le départ des 120 intérimaires » qu’employait l’entreprise. « Depuis, nous avons dû absorber des charges de travail supplémentaires dans des conditions difficiles. Cette prime doit ainsi reconnaître le travail fourni », explique-t-il. Lundi, la direction a refusé. Le lendemain, le blocage s’est donc poursuivi. Mercredi, en fin d’après-midi, les ouvriers ont clairement manifesté leur volonté de le maintenir au moins jusqu’à dimanche. Où un pique-nique avec les anciens intérimaires et les Quimpérois est prévu à partir de 14 h.

Reprise des négociations

Cette décision est intervenue après la reprise des négociations. Celles-ci ont duré toute la journée de mercredi. La discussion sur le contenu du PSE s’est concentrée autour des propositions de la CGT, rejointe par la CFDT et la CFE - CGC. Pour tout licenciement, la CGT réclame ainsi « 50 000 euros majorés de 5 mois de salaire et une indemnité de 1 000 euros par année d’ancienneté ». À cela est également demandé le versement d’ « une prime de 100 000 euros en réparation du préjudice moral et matériel » subi par tout salarié licencié.
« La direction a pris note de nos revendications », indiquait mercredi Franck Couton.
Un nouveau rendez-vous était programmé jeudi pour poursuivre les pourparlers. Le blocage, lui, est maintenu tout le week-end. Face à cette situation, la direction semble prendre ses dispositions pour assurer des livraisons. « Elle va faire appel au site que le groupe possède en Belgique, confie une employée du service clients, elle aussi en grève. Mais, certains produits sont uniquement fabriqués à Quimper. » Mercredi, le mot d’ordre était clair : « il faut qu’on tienne ! » lâche un salarié. Immédiatement salué par des applaudissements.

Progrès/Courrier n°3259 - 8 mai 2009

Envoyer cette page par courriel Haut de page
Réalisation : Inovagora