Jeudi 09 Septembre 2010 S'identifier

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Témoignages

Un 1er mai sur fond de crise

La mobilisation était forte à Quimper (notre photo) mais aussi à Brest pour cette journée du 1er mai . Un signe des temps et surtout l’occasion de dire ses craintes et désespoirs.

Ils étaient plus de 5 000 à Quimper ; 6 000 à Brest. Pour le 1er mai, les salariés dont l’emploi est menacé par un plan social sont descendus dans la rue. Ils n’étaient pas les seuls. Des enseignants, des fonctionnaires territoriaux, des personnels hospitaliers, des étudiants ou encore des retraités sont venus gonfler les rangs des manifestants.

«Si on ne se mobilise pas aujourd’hui, on ne le fera jamais. » À Quimper, cette employée du Conseil général du Finistère, a elle aussi tenu à rejoindre l’immense cortège de plus de 5 000 personnes emmenées par les salariés de Livbag. Des enseignants, des personnels hospitaliers, des salariés du privé leur ont emboîté le pas. « Bien que mon emploi ne soit pas menacé, je suis venue exprimer mon ras-le-bol », poursuit la jeune femme.

J.J. Urvoas apporte son soutien

Dans un communiqué, Jean-Jacques Urvoas, le député PS de Quimper, indique qu’il est allé à la rencontre des salariés de Cummins Filtration lundi « afin de [leur] témoigner sa solidarité et son soutien ». Il dit « comprendre de moins en moins la nécessité du plan social. » « Il paraît évident, à présent, que sa mise en œuvre, prétendument légitimée par la crise du moment, s’explique surtout par la volonté de la direction de procéder à une réorganisation générale du groupe », écrit le parlementaire. Et il « invite la direction à renoncer aux 85 suppressions de poste envisagées, qu’en l’état rien ne semble pouvoir justifier […] »

Même motivation pour Jérôme, 17 ans, qui s’est dispensé d’une grasse matinée pour ce 1er mai. « La crise, les entreprises qui ferment, les plans sociaux, tous les soirs, on en entend parler à la télé, constate ce lycéen quimpérois, en terminale sciences et techniques industrielles à Thépot. Face à cette situation, que fait vraiment le gouvernement pour y remédier ? » Le 29 janvier puis le 19 mars, Jérôme était déjà descendu dans la rue pour dénoncer la réforme des lycées notamment. « Cette fois, lance-t-il, j’espère qu’on nous écoutera. »
C’est aussi le souhait formulé par Andrée, 80 ans, retraitée de la caisse primaire d’assurance-maladie. Sa revendication comme celle ses amies concerne le pouvoir d’achat. « Chaque fois que je vais faire mes courses, tous les produits augmentent. C’est pareil pour l’électricité, le gaz », confie-t-elle. Cette grand-mère s’inquiète cependant davantage pour ces enfants et petits-enfants. « Aujourd’hui, je le vois bien, il ne suffit plus de faire des études pour avoir un emploi stable et un salaire correct. »

 

« La crise nous fait peur »

Forte mobilisation aussi à Brest où ils étaient 6 000 à défiler dans les rues contre à peine 300 l’an passé. Parmi eux, Catherine, assistante sociale, voit depuis quelques mois les conditions de vie des personnes qu’elle suit se dégrader progressivement. « La politique actuelle du gouvernement fait que le quotidien des usagers devient de plus en plus dur. Et parallèlement, nous avons de moins en moins de moyens pour les aider », déplore la jeune femme.
« Ce matin, enchaîne Jean-Yves, professeur de mathématiques dans un collège privé de Lesneven, nous sommes tous là pour réclamer à nos dirigeants un autre traitement de la crise. Dans l’enseignement par exemple, au lieu de supprimer des postes et d’imposer des heures supplémentaires, le gouvernement ferait mieux de maintenir l’emploi. » Dans le cortège brestois, ce salarié de l’entreprise Tanguy à Lannilis a, quant à lui, tenu à exprimer son inquiétude sur l’avenir. « Chez nous, il n’y a a priori pas de menace directe. Mais la crise nous fait peur. Nous sommes venus pour défendre nos emplois. Et ceux de nos enfants. » Enfin, cette année, même les cadres se sont associés à la mobilisation. « C’est la première fois que nous participons à la manifestation du 1er mai. Il faut dire que le contexte est différent. Aujourd’hui, les cadres moyens sont devenus les nouveaux ouvriers. Ils peuvent travailler jusqu’à 13 h par jour sans aucune contrepartie », s’indigne Christine, déléguée CFE-CGC chez Thalès.

Progrès/Courrier n°3259 - 8 mai 2009

Cummins Filtration : Les salariés bloquent l’usine depuis lundi

Le ton est monté. La CGT l’avait annoncé. Lundi, dès 4 h 30 du matin, une poignée de salariés de Cummins Filtration a bloqué partiellement le site.

Asteel-Flash : 44 suppressions de poste sont confirmées

Les craintes des salariés du sous-traitant électronique douarneniste Asteel-Flash étaient justifiées. Lors de la réunion extraordinaire du comité d’entreprise (CE), jeudi 30 avril, la direction a officialisé un nouveau plan social portant sur 44 suppressions de poste. Actuellement, l’entreprise emploie un peu plus de 130 personnes.

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