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Relance ! Avril 2009

Dans l’actuel contexte d’une crise qui pourrait bien perdurer, quelle est la meilleure réponse que peuvent apporter les pouvoirs publics ? Le débat est en tout cas ouvert en France, entre les tenants d’une relance par la consommation et nos actuels dirigeants qui privilégient – le Président de la République en tête – un financement de l’économie, via le soutien aux banques ou l’entrée de l’État dans le capital de certaines entreprises particulièrement touchées, telle la filière automobile.

A condition bien sûr que les premières jouent le jeu et accompagnent les investisseurs, ce qui n’est toujours pas avéré. Et que les secondes ne se paient pas le luxe amoral d’octroyer des parachutes dorés à leur ex-PDG !

Ceci étant dit, il est probable que les deux pistes évoquées ci-dessus méritent l’attention. Une relance par la consommation, via une baisse de la TVA par exemple – mais pas seulement dans la restauration – ou une hausse du SMIC, tendant à accroître le pouvoir d’achat des ménages, doit susciter un autre regard que la seule vision technique et négative des experts du pouvoir. Des observateurs échaudés il est vrai par le peu d’effets d’une telle politique conduite, on s’en souvient, en 1981 pour aboutir deux ans plus tard à un plan de rigueur.
L’avantage d’une relance par la consommation est bien d’associer concrètement les citoyens, consommateurs et usagers à la riposte devenue ainsi collective à la récession. De quoi éviter certains dérapages sociaux récents et certaines tentations de violence qui ne feraient qu’ajouter aux incertitudes ambiantes.
Pour autant le soutien plus « direct » des pouvoirs publics à l’économie, avec l’engagement de chantiers publics et le soutien au secteur du BTP – une politique aujourd’hui menée dans le Finistère – est loin d’être négligeable. Bien au contraire, de tels plans vertueux économiquement ayant immanquablement un volet social, via le travail ainsi proposé, les salaires et donc le pouvoir d’achat qui en découlent.
Il est donc probable qu’une sorte de mixité de deux politiques qu’on veut a priori opposer, finisse par produire leurs effets. La situation d’exception mérite qu’on s’y essaie. En France, mais pas seulement.

Enquête d'emploi n°22 - Avril 2009

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