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Mutation ! Février 2009

La question de la diversification de l’économie est une problématique essentielle pour qui entend travailler à l’avenir d’une société. C’est celle qui a prévalu de longues décennies durant, favorisant une harmonie entre les activités artisanales et industrielles, le commerce, voire l’émergence des services.

C’est celle qui a tout autant maintenu l’équilibre des territoires urbains et ruraux, facilitant là encore un aménagement cohérent, ne laissant pas au bord des routes désertées les égarés des mutations.
Certes la France, l’Europe n’en sont pas à leurs premiers bouleversements. En son temps, la révolution industrielle a engendré l’exode rural, urbanisant des cohortes de fils de paysans, mettant au passage à mal quelques traditions, mais facilitant tout autant les échanges et renforçant donc les liens entre gens des villes et gens des champs.
Qu’en est-il aujourd’hui ? Doit-on continuer à assister, impuissants et inactifs, à l’écroulement de pans entiers de l’activité industrielle. Hier les mines et le textile, voire la sidérurgie, aujourd’hui la filière automobile, la métallurgie, l’agroalimentaire… On connaît trop l’importance, en terme de marché du travail, de telles activités pour laisser faire une évolution qui porte, en elle, une autre hérésie majeure : la perte à venir de savoir-faire, l’incapacité future d’une société à maîtriser des productions pourtant essentielles à leur bon fonctionnement.
Certains de ces acquis industriels de toujours, en tout cas fruits d’une longue et enrichissante maturation au fil des décennies, voire des siècles, se sont déjà perdus dans les méandres d’une mondialisation moins préoccupée, on le sait, par les exigences de qualité.
Tout esprit lucide comprendra de toute façon que miser sur le développement des services, pour compenser les déficits économiques et sociaux des restructurations industrielles en cours, peut être source de réconfort à court terme, mais intégrera aussi le fait que restreindre par trop ces activités industrielles privera du même coup les services d’une clientèle essentielle.
Reste une dernière donne qui n’est pas la moindre. Celle de la capacité d’une société à offrir à ses membres une palette diversifiée d’activités capables de permettre leur épanouissement individuel et collectif. Mais cela, il est vrai ne se mesure pas à l’aune sonnante et trébuchante !

Enquête d'emploi n°20 - Février 2009

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