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Pen ar Bed - Avril 2009

La pêche est en crise. Ou plus exactement, ce secteur est confronté depuis 20 ans, à toute une série de mutations économiques et sociales, loin d’être encore stabilisées.

Première région française pour la pêche, avec plus de 50 000 tonnes de poissons frais débarquées – 180 millions d’euros en 2007 – plus de 2 200 marins sur quelque 500 navires, la Cornouaille s’est engagée ces derniers mois, dans la mise en place d’un vaste plan de mobilisation de l’ensemble des acteurs de la filière. Si le quartier maritime du Guilvinec a vu sa flottille se réduire de 60 % en 14 ans, si le nombre de marins a baissé dans les mêmes proportions – 973 marins actifs au 31/12/08 – le défi à relever est essentiel pour la vie économique et culturelle de ce territoire.
C’est tout le sens et l’enjeu du « Pacte territorial pour une pêche durable en Cornouaille » engagé par l’État, le Conseil régional, le Conseil général, le pays de Cornouaille, la CCI et les professionnels de la filière. Cette volonté partagée, à l’image d’un Finistère solidaire, déclinée en cinq objectifs et 40 actions concrètes est un gage pour l’avenir. Il est simplement regrettable que les professionnels n’aient pas perçu la portée symbolique d’un tel engagement en reportant leur signature. Si les problèmes entre bolincheurs et ligneurs sont réels et légitimes, la mise en perspective de l’avenir de toute une filière méritait une tout autre posture. Quand le voleur de poules s’inquiète de l’avenir du gendarme, on frise le contre sens des choses et de l’Histoire.
Il faut le dire et le répéter : la pêche a de l’avenir et le métier reste rémunérateur. Il faut convaincre les jeunes de s’y engager et les professionnels de les accueillir. S’il reste des progrès importants encore à faire, en matière de fidélisation des salariés, dans la formation ou dans la mise en œuvre organisée du repos biologique de la ressource… il faut se convaincre que nous pouvons ensemble, construire un véritable nouveau modèle de la pêche, économiquement viable et socialement responsable. N’est-il pas ?

Enquête d'emploi n°22 - Avril 2009

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