Vendredi 30 Juillet 2010 S'identifier

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Témoignages

La métallurgie courtise les jeunes

Romain Tanneau, apprenti usineur chez Meunier SA à Brest

Confrontées parallèlement à une désaffection de leurs métiers et à un nombre important de départs à la retraite, les entreprises de ce secteur s’inquiètent du renouvellement des compétences. Elles doivent impérativement attirer des vocations.
Ils plient, soudent, découpent, façonnent, percent, assemblent des pièces métalliques utilisées pour fabriquer des objets et machines incroyablement divers : des emballages, des équipements de sous-marins, des mélangeurs de produits pharmaceutiques, des conditionneuses de produits agroalimentaires,… Les « métalliers » représentent plus du tiers des emplois industriels de notre département.

On les retrouve dans plusieurs secteurs d’activité : le travail des métaux, la fabrication d’équipements industriels, de produits électroniques et de télécommunications, d’instruments de précision, la construction automobile, la construction et la réparation navale. Les plus grosses entreprises finistériennes sont Thales, DCNS, Meunier SA, Giannoni, SDMO, Alcatel, Piriou, Novatech… mais la plupart sont des PME comptant moins de dix salariés.
L’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) estime que ses entreprises proposent jusqu’à 1 000 métiers différents que l’on peut répartir dans les fonctions suivantes : le bureau d’étude, les méthodes, la production (62 % des emplois), la maintenance et la commercialisation. Ils sont de plus en plus qualifiés du fait des progrès technologiques.
Depuis le début des années 2000, l’industrie métallurgique est confrontée à un problème démographique de taille : l’augmentation importante du nombre des départs à la retraite.

« Ils ont concerné 790 personnes en Bretagne en 2000, mais 2 500 en 2008 et les prévisions restent autour de ce même chiffre chaque année jusqu’en 2015. 30 % des effectifs de la branche seront à renouveler d’ici là », indique-t-on à l’UIMM 29.

« Il ne faut pas laisser partir ces compétences sans avoir assurer la transmission des savoirs. L’apprentissage est un bon moyen de répondre à cet enjeu crucial », estime Franck Gloannec, directeur départemental du Centre de formation des apprentis de l’industrie.

Désintérêt pour le technique

Sauf que ces départs coïncident d’une part avec un phénomène similaire dans d’autres secteurs d’activité (et qu’une concurrence sur le recrutement n’est pas à exclure), d’autre part avec l’arrivée sur le marché du travail de classes creuses et de jeunes qui, de surcroît, se désintéressent de plus en plus des métiers et formations à dominante technique et scientifique. La partie semble donc compliquée. Yves Guelt, à la tête de la société du même nom à Quimperlé, expliquait ainsi dans nos colonnes en octobre que ses dernières annonces d’offres d’emploi publiées sur les 12 départements du grand Ouest n’avaient attiré aucun CV pour des postes de tourneur, fraiseur, ajusteur.
« Je pense que l’Éducation nationale ne joue pas le jeu et n’est pas à l’écoute des besoins des entreprises, tempête Claudine Dyé, présidente de l’UIMM29. Les personnes chargées de l’orientation ne connaissent pas les métiers et diffusent une mauvaise image des activités manuelles. Et il n’y a pas suffisamment de jeunes formés pour répondre aux besoins de notre secteur. » Ce à quoi Christian Mériaux, délégué académique à la formation professionnelle initiale et continue, répond que « l’Éducation nationale n’est pas responsable de la mauvaise image des métiers de la métallurgie et ne peut pas faire grand-chose contre les représentations que se font les familles. Des formations ont été supprimées faute de candidats... Par ailleurs, c’est vrai que j’entends souvent des remarques sur les contenus des diplômes, mais je rappelle qu’ils sont conçus avec des représentants de la branche. »
La crise économique actuelle change-t-elle la donne ? La situation est aujourd’hui tendue pour certaines entreprises : « L’impact se fait pour l’instant surtout sentir dans l’automobile, la construction et la réparation navale et l’électronique grand public », détaille Jean-Yves Tanguy, directeur départemental de l’Afpi (Association de formation professionnelle de l’industrie). « Les baisses de commande ont d’abord entraîné la chute du recours à l’intérim », note Claudine Dyé. Mais aussi, malheureusement, l’annonce de suppressions d’emplois comme chez Novatech à Pont-de-Buis. Pour autant, les instances de l’UIMM restent mobilisées sur leur objectif de séduction des jeunes pour préparer l’après crise : « Les facteurs démographiques sont indépendants du contexte économique, ils subsisteront quand l’activité reprendra. »

Enquête d'emploi n°20 - Février 2009

Note : consultez le site internet www.uimmbretagne.fr

Centre de formation des apprentis de l’industrie : des parcours individualisés

Le Centre de formation des apprentis de l’industrie de Bretagne a ouvert son antenne brestoise en 2006. Elle a accueilli 50 jeunes lors de sa première rentrée, 130 en 2008 et en espère 150 pour la rentrée 2009.

UBO et IUT de Brest proposent des formations par alternance

« L’Université de Bretagne occidentale compte 412 apprentis et 240 contrats de professionnalisation », annonce Abdeslam Mamoune, le directeur de la formation continue de l’UBO.

Association de formation professionnelle de l’industrie : des stages pour les demandeurs d’emploi

Établissement de formation continue de l’UIMM, l’Afpi (association de formation professionnelle de l’industrie) a son siège finistérien à Landivisiau.

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