Lundi 21 Mai 2012 S'identifier

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Témoignages

La recherche marine, une spécialité finistérienne

À Brest et à Roscoff, le département regroupe des compétences très pointues en la matière. Le secteur se développe et crée des emplois.

Sans doute parce qu’elle bénéficie d’une situation géographique exceptionnelle et d’une tradition maritime séculaire, la région de Brest est depuis longtemps considérée comme la référence européenne en matière de recherche marine. Une image qui ne doit rien au hasard, puisque 60 % du potentiel de la R & D française liée à la mer sont basés dans le bassin brestois. En 2005, lorsque l’État s’est lancé dans la labellisation des pôles de compétitivité, le Pôle Mer Bretagne est donc tout naturellement revenu à la cité du Ponant.

Aujourd’hui, cette structure fédère pas moins de 267 adhérents, qui représentent près de 20 000 emplois répartis en Bretagne. Entreprises, centres de recherches, ou établissements d’enseignement supérieur : tous les acteurs incontournables de la recherche marine sont désormais membres du Pôle Mer.

Turn-over

Parmi ceux qui prennent une part active aux 45 projets déjà validés par le pôle, l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer arrive en bonne place. Ifremer emploie environ 620 personnes à Plouzané, où est basé le plus important de ses cinq sites. De l’océanographie à l’économie maritime, les chercheurs, ingénieurs, informaticiens et autre personnel du site brestois s’intéressent à 13 domaines très variés.

Ifremer Brest n’envisage pas d’augmenter ses effectifs dans les années à venir, mais du fait de nombreux départs à la retraite, un important renouvellement est prévu.

« L’organisation actuelle de la recherche en France nous oblige à solliciter des financements accordés sur des projets précis. Nos recrutements sont donc fonction des programmes et prennent par conséquent de plus en plus la forme de CDD, pour des périodes de 18 mois environ », explique-t-on à l’Ifremer.

D’autres instituts, plus spécialisés, sont hébergés sur le même site qu’Ifremer, à Plouzané. Parmi eux : l’Institut polaire Paul Émile Victor, qui compte 55 employés permanents, et l’Institut de recherche pour le développement, où travaillent 40 personnes. Au total, le centre multidisciplinaire regroupe près d’un millier de scientifiques et personnels administratifs.

Plus au nord du département, la Station biologique de Roscoff, placée sous la double tutelle du CNRS et de l’Université de Paris VI, est également un haut lieu de la recherche marine en Finistère. Elle emploie aujourd’hui près de 230 personnes et entend bien se développer dans les années à venir. « Si l’État nous accorde les postes espérés, nous pourrions être 300 à 350 d’ici quatre ans », confie Béatrice Noblot, responsable des ressources humaines. En septembre, une nouvelle équipe de scientifiques va d’ores et déjà rejoindre les effectifs roscovites.

 

IUEM : la référence française

Ils viennent de toute la France, mais aussi du monde entier pour y étudier la mer sous toutes ses facettes. Basé à Brest, l’Institut universitaire européen de la mer (IUEM) est un lieu unique, prestigieux, l’un des établissements français les plus en pointe pour toutes les questions liées à la mer.

Le ministère lui a d’ailleurs accordé de nouveau la mention, unique, « domaine de formation en sciences de la mer et du littoral ». Pour les quelque 340 étudiants de l’institut, cette spécificité n’est pas neutre : « Cela veut tout simplement dire que lorsque vous voulez faire des études supérieures dans ce domaine, c’est à Brest qu’il faut étudier et pas ailleurs », résume Yves-Marie Paulet, directeur adjoint de l’IUEM.

L’école propose deux grandes formations. Le master en sciences de la mer et du littoral est lui aussi unique en France, puisqu’il propose six mentions (ou spécialités) différentes, qui s’appuient chacune sur l’un des nombreux laboratoires de la région brestoise. Des liens précieux pour les étudiants qui y effectuent bien souvent leurs stages de fin d’études, et pourront y trouver un emploi à la clé. Des stages en entreprises permettent également, pour certaines spécialités, de renforcer le côté professionnalisant de la formation.

L’école doctorale de l’IUEM apparaît elle aussi comme incontournable en France. Et ce, tout autant pour les étudiants en formation initiale que pour les scientifiques déjà en poste, qui sont de plus en plus nombreux à valider ici leurs acquis.

Enquête d’emploi n°15 – Juillet 2008

Note : Renseignement au 02 98 49 86 00.

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