Vendredi 30 Juillet 2010 S'identifier

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La mer, moteur de l'emploi

En cette période de vacances estivales et des grands rassemblements de voiliers de Brest et Douarnenez, la mer fait pétiller les yeux. Elle est le socle d’un pan non négligeable de l’économie finistérienne qui représente plusieurs milliers d’emplois.

Les regards tournés vers le large

Avec 800 km de côte, le Finistère est le plus littoral des départements français. Cette donnée géographique marque l’identité culturelle et économique de notre territoire. Difficile de savoir exactement combien d’emplois y dépendent de la mer. Aux emplois directs générés par les secteurs de la pêche, des cultures marines, de la construction et de la réparation navale, de la recherche océanographique, de la Marine nationale et de commerce, du nautisme… doivent en effet être ajoutés tous les emplois induits liés au tourisme, au commerce, aux services.

Ainsi, les ports de plaisance finistériens créent peu d’emplois directs - une centaine de personnels des ports -, mais la présence de 25 000 bateaux (dont la moitié à moteur) génère de nombreuses activités d’entretien et de services. « On considère que dans les ports dits structurants, comme Port-la-Forêt, 10 places au ponton créent un emploi », précise Jean Kerhoas, directeur de Nautisme en Finistère.

Pénurie de compétences

Des poids lourds de l’économie de la pointe bretonne regardent résolument vers le large comme le constructeur naval de défense DCNS implanté à Brest, Brittany ferries, fleuron de la marine de commerce avec ses 2 000 salariés permanents ou encore Ifremer et ses 620 collaborateurs. Ils côtoient des établissements de tailles plus modestes mais tout aussi remarquables comme les chantiers Piriou (250 salariés à Concarneau), la Station biologique de Roscoff (230 personnes), la Sobrena à Brest (plus de 200 salariés), Océanopolis (80 permanents), etc. Le milieu maritime compte également de très nombreuses petites entités : 118 centres nautiques, des chantiers navals installés sur des niches d’activité ou des entreprises individuelles de services.

Les métiers de la mer n’échappent pas aux soubresauts réguliers de l’actualité économique et politique. La pêche a notamment fait les frais de nombreuses crises. Les changements annoncés dernièrement par le président de la République dans le cadre du livre blanc de la Défense n’ont pas rassuré quant à l’avenir des effectifs de la Marine nationale ou au plan de charge de DCNS. Or, le site brestois du constructeur naval emploie 3 200 salariés et fait travailler de nombreux sous-traitants.

Pour autant, le secteur maritime a plutôt le vent en poupe et la demande est dynamique en termes d’emploi. « On constate même une vraie pénurie de compétences sur certaines activités, présente Christopher Lang, directeur général de la société Seanergic, éditrice du site internet spécialisé www.clicandsea.fr (lire page 17). La construction navale, l’industrie offshore et la marine marchande ont beaucoup de mal à trouver du personnel. » Il explique d’abord cette difficulté par un déficit d’image des métiers : « Les entreprises maritimes ont jusqu’à présent très peu communiqué sur ce thème. On ne sait pas assez qu’elles proposent des opportunités de carrière intéressantes et de bons niveaux de salaires. » Christopher Lang estime aussi qu’on ne forme pas assez de candidats qualifiés en France : « Les écoles de la marine marchande ne délivrent pas assez de titres pour satisfaire aux besoins du territoire. Or 85 % des marchandises mondiales transitent aujourd’hui à un moment ou à un autre par la mer et le marché est grandissant. »

Forte technicité

L’attrait pour les métiers de la mer est, de plus, tempéré par certaines de leurs contraintes. La saisonnalité pour les emplois du nautisme et des cultures marines par exemple. Pour en atténuer les effets négatifs, les employeurs ont tablé sur la pluridisciplinarité et l’annualisation du temps de travail dans le nautisme. L’embarquement pour plusieurs jours et l’éloignement peuvent constituer un autre frein aux vocations pour la pêche, la Marine nationale et de commerce…

« Les recrutements dans la construction et la réparation navale sont, eux, rendus difficiles par la forte technicité des profils recherchés », indiquent Annaïg Cotten et Arnaud Capp, conseillers ANPE à Brest et Concarneau. Les chaudronniers, tuyauteurs, soudeurs, mécaniciens de moteurs marins sont très courtisés sur le marché de l’emploi. « Aujourd’hui, sur ces métiers, la demande de compétences est nettement supérieure à l’offre. » Malgré un contexte peu encourageant, Arnaud Capp tient aussi à souligner que la pêche présente toujours des besoins : « Certaines activités tirent bien leur épingle du jeu et restent à la recherche de main-d’œuvre. C’est le cas de la bolinche par exemple. »

Maintenir les emplois actuels et en créer de nouveaux est un des objectifs du pôle de compétitivité mer Bretagne. Associant, dans la filière maritime, des entreprises, des laboratoires publics et privés, des universités et grandes écoles, il doit permettre le développement de produits et services innovants pour stimuler le tissu économique. « Les projets soutenus par le pôle sont encore trop jeunes pour pouvoir dire combien d’emplois ils vont générer et dans quels métiers. Il faudra attendre l’industrialisation et la commercialisation des produits inventés pour avoir de la visibilité sur les retombées réelles », précise Catherine Mallévas, chargée de communication au pôle mer Bretagne. Et cela ne devrait pas intervenir avant cinq ans.

L’attente est forte dans un domaine maritime qui nourrit beaucoup d’espoir. La mer n’a pas livré tous ses secrets. Le Finistère investit largement dans la recherche pour rester à la pointe des découvertes et saisir les opportunités qu’elle identifiera pour les transformer en emplois.

Enquête d’emploi n°15 – Juillet 2008

 

La pêche manque cruellement de marins !

Même en crise, la pêche recrute. 600 postes seraient à pourvoir sur l’ensemble de la Bretagne. Mais il ne s’agit pas nécessairement de CDI. Certains bateaux ou armements cherchent des marins pour une deux ou trois marées.

Forte saisonnalité dans les cultures marines

Les 900 entreprises de conchyliculture bretonnes font fortement appel aux saisonniers en fin d’année pour les huîtres, pendant l’été pour les moules.

Le plaisir de travailler en plein air

Dans le hangar de Logonna-Daoulas, deux salariées finissent de trier plusieurs dizaines de poches d’huîtres. À cent mètres de là, deux employés embarquent le naissain sur un chaland afin de le semer en rade de Brest. En mer, d’autres personnes retournent les poches d’huîtres. Au total, l’EARL Jean Le Moal emploie huit permanents pour une production annuelle de 300 tonnes d’huîtres creuses.

La construction navale maintient le cap

Dans ce secteur d’activité, les grandes entreprises côtoient les petits chantiers. Spécialisés dans la fabrication de bateaux de plaisance et de course à la voile, ces derniers continuent leur progression.

La recherche marine, une spécialité finistérienne

À Brest et à Roscoff, le département regroupe des compétences très pointues en la matière. Le secteur se développe et crée des emplois.

Engagez-vous dans la Marine nationale !

La Marine nationale recrute chaque année 3500 personnes en France. Un besoin continu, tous niveaux de qualification confondus.

Le nautisme exige la polyvalence

L’annualisation du temps de travail et la maîtrise d’au moins deux supports nautiques ont permis aux métiers d’encadrement de concilier permanence des emplois et forte saisonnalité des activités.

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