Lundi 21 Mai 2012 S'identifier

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Les syndicats en alerte

Les syndicats ne sont pas à court d’arguments. Face à la grande distribution, les critiques fusent. Elles concernent d’abord les nombreux emplois à temps partiel dont les horaires ne sont pas des plus pratiques.

« Certaines hôtesses de caisse, par exemple, ont des journées coupées en deux, souligne Isabelle Letty, secrétaire de la CFDT du Pays de Cornouaille. Pour les femmes qui occupent majoritairement ces postes, il est bien difficile de concilier vie professionnelle et personnelle. »
Sur le temps partiel, l’union départementale CGT va même plus loin. « Nous rencontrons des situations où le salarié n’a pas le droit d’exercer une autre activité pour avoir un revenu complémentaire. Il arrive même que ce soit écrit dans le contrat de travail. Or, c’est illégal », tempête Jean-Pierre Milin, de la section commerces et services. Et des preuves, il n’en manque pas.
Les conditions de travail sont aussi dans la ligne de mire de ce permanent de la CGT.

« Certains employeurs, notamment dans les moyennes surfaces, utilisent la pression comme un mode de management du personnel. »

Dans les hypers, où les syndicats sont davantage représentés, ce phénomène est moindre. « Nous ne pouvons pas parler de harcèlement, nuance ainsi cette déléguée du personnel CGT au Leclerc de Plougastel-Daoulas. En revanche, la polyvalence est requise : des collègues sont un jour à la caisse, le lendemain au rayon charcuterie… Les contrats de travail ne stipulent pas toujours clairement ni le poste, ni les horaires. Or, ils peuvent changer très souvent. »

Petits salaires

Reste la question des salaires qui n’ont rien de mirobolants. Cette employée de cafétéria confie toucher « un peu plus que le smic avec sept ans d’ancienneté ». Et Isabelle Letty, de la CFDT, d’enchaîner : « Malgré ces niveaux de rémunérations, des personnes acceptent ces postes car elles ont besoin de travailler et de gagner leur vie. » Quant au travail dominical, la syndicaliste réagit non sans ironie : « Lorsque l’on perçoit entre 600 et 800 euros par mois pour un temps partiel et que l’on vous propose de travailler le dimanche ou les jours fériés en étant payé double, il est bien difficile de refuser… » La CGT est sur la même longueur d’onde.

Enquête d'emploi n°21 - Mars 2009

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