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L'emploi dans la grande distribution
Ce secteur d’activité offre de réelles perspectives d’embauche et d’évolution de carrière. Mais les conditions de travail y sont réputées difficiles…
Ce que l’on regroupe sous le vocable « grande distribution » peut revêtir plusieurs formes : les super ou hypermarchés à vocation plutôt alimentaire, les réseaux de supérettes de proximité, les hard discounters, les grandes surfaces spécialisées (sport, vêtements, jardin, bricolage…), les grands magasins de ville, etc. Ils n’ont pas tous le même statut : certains appartiennent à des groupes nationaux, d’autres, bien qu’affiliés à de grandes enseignes, sont des entreprises indépendantes.
En chiffres
• 44 comme le nombre de magasins en Finistère comptant plus de 50 salariés et appartenant à la grande distribution tous secteurs confondus : alimentaire, textile, bricolage…
• Ces enseignes pèsent au total plus de 6 100 emplois dans le département.
• 5 384 personnes occupent un poste dans les hyper et supermarchés. En Finistère, l’enseigne Leclerc est la plus grande pourvoyeuse d’emplois avec près de 3100 postes.
• 3 231 femmes contre 2153 hommes travaillent dans les grandes et moyennes surfaces alimentaires.
(Source : DDTEFP du Finistère)
En Finistère, les plus gros employeurs sont le Centre Leclerc de Brest (545 salariés), le magasin Carrefour de Brest (374 salariés), le Géant Casino de Brest (308 salariés), le Carrefour de Quimper (303 salariés). Ils emploient une population majoritairement féminine sur les métiers d’hôte (sse) de caisse, employé de libre-service, vendeur spécialisé, manager de rayon, chef de secteur, acheteur, mais aussi manutentionnaire ou responsable logistique.
En tant qu’employeur, la grande distribution n’a pas bonne presse. Les conditions de travail y sont réputées difficiles. Début 2008, des grèves importantes ont braqué les projecteurs sur celles des caissières : leur faible rémunération, le temps partiel subi et les horaires difficilement compatibles avec une vie de famille.
Les syndicats dénoncent aussi la pression managériale et des contrats abusifs… « C’est indéniablement un milieu où l’on exige beaucoup, note Patrice Priser, directeur de l’Isffel, institut de formation de Saint-Pol-de-Léon. Mais aujourd’hui, une législation est en place qui doit être respectée. » Ce qui semble plus facilement le cas dans les grands groupes que dans certains magasins indépendants : « Chez nous, les syndicats veillent au grain », signale-t-on ainsi chez Carrefour.
De l’offre et de la demande
Pour autant, le secteur peut-il offrir des perspectives d’emploi intéressantes ? Oui, si l’on en croit les agents du service public de l’emploi, les responsables de formation, les employeurs et employés rencontrés pour réaliser ce dossier. La grande distribution ne semble pas encore massivement touchée par la crise et continue d’embaucher. « Nous constatons un petit fléchissement qui n’a rien d’alarmant », confirme Arnaud Capp, conseiller Pôle emploi à Quimper.
Du côté de Pôle emploi, on voit surtout passer des offres pour des hôtesses de caisse et employés de libre-service (respectivement 100 et 150 propositions en 2008 sur le bassin d’emploi de Quimper par exemple). « Mais il y a aussi beaucoup de demandes », nuance Rachel Ansquer, conseillère à Brest. Les responsables de formation spécialisés assurent également que les managers de rayon trouvent toujours assez facilement à s’insérer professionnellement.
Les professionnels des métiers de bouche sont parmi les plus recherchés. Bouchers, boulangers, poissonniers, traiteurs ne sont pas très nombreux sur le marché du travail. « Les jeunes ont des a priori négatifs sur ces métiers, regrette Benoît Le Caulle, directeur de l’Institut rural de Rumengol. Au départ, ils rêvent tous de vendre du prêt-à-porter, du parfum ou des CD. Mais un stage en poissonnerie leur révèle rapidement combien c’est plus vivant et plus intéressant de gérer un tel rayon où la relation avec les fournisseurs est passionnante. »
De réelles possibilités d’évolution
La plus grande qualité de la grande distribution est sans doute sa politique de promotion interne. « Tout le monde y a sa chance », résume Patrice Priser. Ce secteur recrute des profils sans qualification et peut leur offrir de beaux parcours. À l’image de celui de Patrick Ruz, qui, sans formation spécifique, a commencé vendeur, puis est passé chef de rayon, chef de secteur, directeur de magasin et est aujourd’hui directeur général de la SAS Nicot qui a trois magasins Truffaut à Lorient, Quimper et Saint-Brieuc.
« Ce milieu ne fait pas de blocage sur le diplôme, indique Benoît Le Caulle. Ce qui compte, c’est le travail et l’expérience. » En « faisant ses preuves » on peut trouver des opportunités d’évolution sinon dans le même magasin, du moins au sein de l’enseigne et voire même chez les fournisseurs.
Enquête d'emploi n°21 - Mars 2009
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