Vendredi 30 Juillet 2010 S'identifier

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Hôtellerie-restauration : des emplois à la carte

Avec 17 000 actifs, l’hôtellerie-restauration est le quatrième employeur du Finistère. Dans ce secteur d’activité, le nombre de postes à pourvoir reste conséquent. En haute et basse saisons.

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Horaires décalés, travaux saisonniers, salaires mo-destes… Autant de préjugés qui pénalisent encore l’hôtellerie-restauration. Claire et Mathieu, la vingtaine d’années tous les deux, répliquent : « Du moment que notre métier nous plaît, nous y allons à fond. » Ces étudiants en BTS au Paraclet à Quimper savent à quoi s’attendre. Un de leur professeur au lycée a joué cartes sur table. « Il ne faut pas se leurrer. Même avec un BTS, nos jeunes débuteront comme serveur ou commis de cuisine, observe Cyrille Fradin. Ils doivent s’adapter au poste qu’on leur propose. »

En chiffres

  • 3032 : Comme le nombre de projets de recrutement dans l’hôtellerie-restauration en Finistère. C’est ce que montrait l’enquête Besoin de main-d’œuvre 2006 réalisée par l’Unedic et le Credoc. L’année dernière, les établissements recherchaient pas moins de 900 cuisiniers et quelque 2 100 employés et agents de maîtrise (serveurs, maître d’hôtel…).
  • 17000 : Comme l’effectif d’employés qui travaillent dans les quelque 3 100 restaurants, hôtels, bars et discothèques du Finistère.
  • 69 : Le nombre d’offres d’emploi disponibles dans le Finistère sur le site internet de l’ANPE. La plupart sont cependant des postes saisonniers à durée déterminée.

En France comme dans le département, le nombre d’emplois à pourvoir est énorme. Plus de 3 000 dont 900 cuisiniers selon l’enquête Besoin de main-d’œuvre 2006 réalisée auprès des entreprises finistériennes. Problème : le personnel qualifié fait cruellement défaut dans ce secteur d’activités. Véritable pilier économique départemental avec 3 100 entreprises (bars et discothèques compris) pour un peu moins de 17 000 actifs, l’hôtellerie-restauration est « le quatrième employeur du Finistère » selon l’Umih* 29.

« Être passionné »

En été, les besoins en personnel sont logiquement plus forts. Mais « des emplois sont à pourvoir toute l’année et à tous les niveaux », nuance Ghislain Mariton, directeur délégué de l’ANPE du Finistère Sud. Le recrutement, lui, ne connaît donc pas ou peu la saisonnalité. Il s’étale sur l’ensemble de l’année à l’image du travail réalisé par la plate-forme des vocations de l’ANPE, à Brest. Celle-ci vise à valoriser les habiletés de la personne à un poste de travail. Et ce, quels que soient sa formation initiale et ses diplômes.
Philippe Corre, patron de l’Hostellerie Saint-Mathieu, approuve cette démarche. Et ce chef cuisinier expérimenté d’insister :

« Nos métiers sont accessibles. Quelqu’un qui n’a pas un gros niveau scolaire peut également devenir un excellent ouvrier. Seulement il faut être passionné. »

Sans oublier le sens de l’accueil et du service…

Note : * Union des métiers de l’industrie hôtelière.

Temps de travail : les négociations ont enfin abouti

Les principales organisations patronales et les syndicats* de l'hôtellerie sont enfin tombés d'accord, lundi 5 février. Les négociations entamées depuis novembre 2006 ont débouché sur un avenant à la convention collective.
Ce texte propose une majoration de 10 % des salaires entre la 36e et la 39e heure ; de 20 % entre la 40e et la 43e et de 50 % à partir de la 44e. Autres mesures annoncées : la grille des salaires ne comportera plus de minima en dessous du Smic. Enfin, les quelque 800 000 employés du secteur bénéficieront de cinq jours de congé supplémentaires et garantis.
Ces pourparlers avaient été engagés suite à l'annulation, en octobre dernier, par le Conseil d'État, de l'accord signé en 2004. Ce dernier prévoyait notamment le maintien des 39 heures, sans majoration des heures supplémentaires, une sixième semaine de congés payés et un Smic supérieur de 280 euros au Smic de droit commun…

Note : * Cet accord a été approuvé par les trois fédérations patronales (l'Umih, le Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs et le Groupement national des chaînes hôtelières) et les syndicats CFDT, FO, CFTC, CGC. La CGT, de son côté, ne devrait pas le signer.

 

Entrez ! Les portes sont ouvertes

Parce que l’hôtellerie et la restauration souffre encore d’un sérieux déficit d’image, l’Union des métiers de l’industrie hôtelière du Finistère a créé, en 2003, ses ambassadeurs de métiers. Leur mission ? Tordre le cou aux préjugés montrant un secteur où les salariés travaillent beaucoup pour des salaires dérisoires… « C’était vrai jusque dans les années 1990, coupe Philippe Corre, patron de l’Hostellerie Saint-Mathieu à Plougonvelin. Depuis dix ans, notre profession est en pleine évolution. »
La vingtaine d’ambassadeurs de métiers du Finistère entend bien le faire savoir. Pour cela, ils ouvrent les portes de leur établissement aux jeunes. Au programme : visite des lieux et échanges avec les professionnels. Des classes entières peuvent s’inscrire. Venir tout seul ou avec ses parents est également possible, sur rendez-vous.

Note : Renseignements au siège de l’Umih à Quimper, 4, rue Félix-Le Dantec (à Créac’h Gwen). 02 98 95 12 31.

 

À chacun sa chance

Les professionnels recherchent du personnel qualifié et diplômé. Problème : c’est la pénurie. Dans ce cas-là, pourquoi ne pas recruter des débutants motivés ? Les demandeurs d’emploi, jeunes et adultes, ont sans doute leur carte à jouer. En passant par la plate-forme des vocations de l’ANPE à Brest. Et Anne Danycan, sa responsable d’indiquer : « Il s’agit de découvrir les habiletés de la personne pour les métiers d’aide de cuisine, de serveur et d’employé polyvalent de restauration. »

Le « coup de feu »

Pendant toute une matinée, les candidats seront mis en situation. Plusieurs exercices pratiques les attendent : prendre une commande, servir, débarrasser les plats, vérifier la fraîcheur des produits… L’évaluation va crescendo jusqu’au fameux « coup de feu ». « Nous insistons sur les capacités des personnes à s’organiser, à gérer plusieurs tâches à la fois, à s’adapter à la situation et à maîtriser le stress, reprend Anne Danycan. Ces qualités ne sont pas inhérentes à un diplôme… » Cette méthode de recrutement par simulation a enfin le mérite de donner une chance concrète.
Si les tests sont concluants, l’ANPE fixe un rendez-vous entre le candidat et l’employeur potentiel. Ce dernier s’est engagé à jouer le jeu. Aussi le curriculum vitae ne doit pas être un frein à l’embauche.

Note : L’inscription à ces sessions de recrutement s’effectue auprès des agences ANPE ou des missions locales. La plate-forme des vocations est située 2, rue Auguste Kervern à Brest. Renseignements au 02 98 33 81 70.

Enquête d'emploi n°2 - Février 2007

Les formations de la filière Hôtellerie-restauration

Sami Mokdad, 18 ans, sait qu’il sera cuisinier. Ce métier le passionne, lui ouvre des perspectives. « Plus tard, je vais pouvoir voyager, travailler à l’étranger, découvrir des nouveaux plats, recettes et saveurs », se réjouit le jeune homme en première année de BEP des métiers de l’hôtellerie et de la restauration au Centre de formation des apprentis (CFA) de Quimper.

Brittany Ferries : tout d’un grand hôtel-restaurant

Dans le secteur de l’hôtellerie-restauration, la Brittany Ferries est un des principaux employeurs du Grand Ouest. La compagnie roscovite recherche chaque saison du personnel qualifié qu’elle souhaite fidéliser en lançant sa propre formation.

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