Lundi 21 Mai 2012 S'identifier

Vous êtes dans : Accueil > Economie > Dossier > L’économie sociale et solidaire à la rescousse de l'emploi > Une crèche au cœur de la citoyenneté

Une crèche au cœur de la citoyenneté

À première vue, c’est une crèche comme toutes les autres. Menée de mains de maîtres par des professionnels de la petite enfance, offrant un nid d’épanouissement idéal pour les bambins. Mais Main dans la main, à Gouesnou, se veut plus qu’un simple lieu de garde. Ici, on revendique haut et fort le statut associatif de l’origine.

« Chez nous, les parents sont directement intéressés au mode d’accueil de leur enfant. S’ils le souhaitent, ils peuvent devenir gestionnaires de l’association Enfantillages, dont dépendent la crèche et notre halte-garderie. De cette façon, ils peuvent occuper une place de citoyen actif dans leur cité », estime Dominique Hébert, la directrice de Main dans la main.
Adepte de l’ESS, cette femme aux phrases douces et aux mots posés se revendique de cette famille où l’humain passe avant tout. Et sait convaincre de la plus-value du modèle : « En redonnant leur place aux parents, on travaille sur le durable : s’ils se sentent concernés par l’éducation que l’on donne à leurs enfants dès le plus jeune âge, on peut espérer qu’ils continueront à s’investir par la suite. »
La philosophie de l’ESS se décline ici à toutes les sauces, jusque dans la gestion du personnel. « Quand je suis arrivée, la crèche employait quatre personnes en CDI. Les autres étaient en contrats d’insertion. Aujourd’hui, les neuf salariés sont en CDI. Nous avons travaillé de façon à rendre cela possible. C’est un choix. » Un choix assumé, avec ses conséquences : « La structure est fragile économiquement. La mairie nous accorde une subvention de 125 000 euros, et c’est très bien. Mais pour conserver des tarifs accessibles à tous, cela ne suffit pas à équilibrer le budget. Les grilles de la Caisse d’allocations familiales n’ont pas évolué depuis des années… »

« Il faudra se regrouper »

Dominique Hébert sait donc qu’il faudra trouver des solutions, rapidement. Et estime qu’elles se trouvent en partie dans un regroupement des crèches associatives du département* :

« Pour le moment, peu sont vraiment engagées dans la réalité de l’ESS. Mais si nous ne voulons pas nous faire manger par le secteur à but lucratif, où les enfants sont des flux, où la construction de partenariats dans la cité n’entre pas en ligne de compte… Si nous voulons voir perdurer notre modèle, il faudra se regrouper. »

Elle y travaille. Avec ses mots posés et des phrases qui savent oublier la douceur pour gagner sur la réalité.
Note : * Le Finistère compte 101 crèches et haltes-garderies, dont 52 structures associatives. Les capacités d’accueil de ces dernières étant cependant plus limitées que dans le système municipal, elles ne représentent, en volume d’accueil, que 25 à 30 % du total.

Enquête d'emploi n°23 - Mai 2009

Envoyer cette page par courriel Haut de page
Réalisation : Inovagora