Vendredi 30 Juillet 2010 S'identifier

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Témoignages

Déplacements domicile-travail : le double enjeu

Déplacements domicile-travail

Préserver l’environnement mais aussi garantir la justice sociale en assurant à tous un moyen de locomotion : tels sont les objectifs des politiques publiques en matière de transport. La semaine européenne de la mobilité est l’occasion de faire le point sur les initiatives en faveur des alternatives à la voiture et sur les aides allouées aux demandeurs d’emploi.

Jusqu’en 2005, le trafic routier augmentait, en Finistère, de 2 % par an en moyenne. La tendance a commencé à s’infléchir après et le trafic a même connu une baisse historique de 1,3 % entre 2007 et 2008 (chiffre Conseil général). « Cette donnée, et toutes les réflexions conduites, dernièrement, autour de la notion de développement durable, ont bouleversé l’approche des élus locaux et des techniciens sur les aménagements routiers. On pensait jusqu’à présent qu’il fallait augmenter les capacités des routes pour absorber l’augmentation du trafic, mais on a pris conscience que ce mode de gestion centré sur la voiture n’était pas tenable pour l’environnement et pas juste pour ceux qui ne peuvent avoir de véhicules. À présent, la logique est plutôt d’améliorer le réseau existant et de miser sur le développement des alternatives à la voiture individuelle », indique Jean Baptiste Huet, directeur des déplacements au Conseil général du Finistère.Ce changement de conception a ainsi abouti à l’abandon l’année dernière d’un projet ancien de rocade au nord de Brest. Une réflexion est aujourd’hui en cours pour élaborer à la place un « schéma des déplacements du Pays de Brest » qui doit mieux coordonner les différents modes de transport existants : voiture, bus, car, train, vélo et désormais aussi tramway. Une première ébauche doit être présentée courant octobre.

Des services de rabattement

En matière de déplacements, l’actualité est foisonnante car le sujet ne mobilise pas qu’à Brest. Quimper communauté est en train de plancher sur son « Projet transports ».

« Pour encourager les habitants à utiliser les transports publics, nous envisageons de renforcer les lignes de bus les plus importantes en y offrant une rotation toutes les 10 minutes. Nous pensons également aménager un site propre pour les bus sur les quais de l’Odet à Quimper et créer des parkings relais en périphérie de l’agglomération. Nous moderniserons par ailleurs le système d’information des voyageurs », détaille Jean-Pierre Bigorgne, vice-président chargé des transports.

La réalisation devrait intervenir en 2013. « Nous voulons être prêts pour l’arrivée du train à grande vitesse pour disposer d’un réseau cohérent et efficace », précise l’élu.
D’autres communautés de communes se sont saisies de la compétence transports. Elles réfléchissent, avec le Conseil général, à la création d’offres complémentaires au réseau de cars non urbains de la Penn ar Bed. Des services de rabattement vers les lignes régulières sont ainsi mis en place dès cette rentrée pour aller chercher des usagers au plus près de leur domicile. Le Département a, de son côté, consenti de gros efforts pour dynamiser le réseau Penn ar Bed, avec grand succès d’ailleurs. De nouveaux trajets ont été mis en place à la rentrée, en avant-goût d’un remaniement plus profond annoncé pour 2011.

Des garages sociaux

En sondant les Finistériens à l’occasion d’un forum participatif sur les transports (lire ci-contre), le Conseil général a mis en évidence que, pour les habitants, la priorité est plutôt de mieux desservir les territoires isolés pour permettre un meilleur accès aux services et aux zones d’emploi dans un objectif de solidarité territoriale (61 %) que de mettre plus de cars à circuler souvent sur les lignes à fort potentiel dans l’objectif de réduire l’utilisation de la voiture (23 %)*. C’est que l’enjeu de la mobilité reste avant tout pour les citoyens celui de l’insertion professionnelle.Le manque de moyen de transport constituant l’un des freins les plus importants à l’emploi, les politiques d’insertion ont peu à peu tenu compte de cet aspect pour améliorer l’accompagnement des demandeurs d’emploi. Pôle emploi et le Conseil régional consentent ainsi des aides aux déplacements (voire même au permis de conduire) dans le cadre des démarches de formation et d’accès à l’emploi. Auto-écoles d’insertion, centrales de mobilité et garages sociaux ont par ailleurs été créés pour permettre aux bénéficiaires des minima sociaux d’accéder aux moyens de transport essentiels à leur insertion professionnelle le temps de trouver une solution personnelle pérenne.Ces prestations tricotent du sur-mesure pour résoudre les situations les plus compliquées tandis que les services de transport en commun grand public tendent vers la satisfaction du plus grand nombre. Reste que l’on ne pourra jamais mettre un arrêt de bus à la porte de chacun et que des arbitrages politiques seront donc à effectuer dans les années à venir pour définir les priorités et concilier la préoccupation environnementale et l’exigence sociale.

Note : * Enquête TMO Régions sur 801 personnes.

Enquête d'emploi n° 26 - Septembre 2009

Les rendez-vous de la semaine de la mobilité

Les rendez-vous de la Semaine de la mobilité

Penn ar Bed : une refonte de l'offre prévue pour 2011

Le réseau de cars départementaux non urbains a opéré sa mue en 2004 : tarif unique à deux euros, correspondance gratuite vers les réseaux urbains, habillage uniforme des bus, renforcement du service…

Aires multimodales : Plabennec suit l’exemple de Saint-Renan

D’ici le début 2010, les jours de mauvais temps, les usagers des cars au départ de Saint-Renan ne seront plus obligés d’attendre leur correspondance sous la pluie. Ils pourront s’abriter sous un bâtiment flambant neuf, en cours de construction.

À Brest, Bibus s’adapte au chantier du tram

Exceptionnellement cette année, Bibus n’a pas fait sa rentrée en septembre, mais au début de l’été. Les travaux du tramway démarrant début juillet, les transports urbains ont dû anticiper. 

Train express régional

Les usagers réguliers du train en Finistère ne devraient pas voir leurs petites habitudes perturber cette année. Hormis les ajustements saisonniers des horaires, la rentrée n’est pas marquée par de grands changements.

Une association pour mieux adapter l’offre ferroviaire aux besoins

Véronique Muzeau vit à Pont-de-Buis et travaille à Quimper. Du lundi au vendredi, elle se rend à son travail en voiture. Journaliste matinalière à la radio, elle a depuis longtemps fait une croix sur les transports en commun : à 5 h 30, les cars et les trains ne circulent pas encore.

L'initiative de Suravenir

L’initiative de la société Suravenir de se doter d’une charte environnementale n’a rien d’un cas isolé : de plus en plus d’entreprises s’intéressent aujourd’hui à la problématique du développement durable. 

La création d’aires de covoiturage se poursuit

Le département compte aujourd’hui 18 aires de covoiturage aménagées qui totalisent 612 places. Certaines doivent être agrandies comme celle de Gouesnou (Le Carpont) qui doit passer de 33 à 61 places. La réalisation d’autres aires est programmée par le Conseil général dans les mois à venir (40 sites doivent être aménagés à terme). Cinq pourraient être opérationnelles pour la fin de l’année à La Feuillée (Kroas An Herry - 30 places), à Quimperlé (Kervidanou - 35 places), à Saint-Thégonnec (Mez Ménez - 19 places), à Quimper (Troyalac’h - 30 places, qui figure déjà en bleu sur cette carte), et Plouegat-Moysan (Les Quatre Chemins - 28 places).
Pour rechercher des partenaires de voyage, rendez-vous sur le site internet : www.covoiturage-finistere.fr.
Télécharger la carte des aires de covoiturage du Conseil général du Finistère : . Le chiffre inscrit dans le cercle indique le nombre de places disponibles dans chaque aire.
Enquête d'emploi n° 26 - Septembre 2009

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